Les anciens combattants : un nouveau groupe social




     Drapeaux au vent, ils font désormais partie du décor de nos manifestations municipales quand entourés des enfants des écoles avec leurs petits bouquets, en présence des « corps constitués » comme on dit, ils rendre hommage au Souvenir de ceux qui sont tombés pour le pays, les armes à la main.

     Dans notre région, durement frappée par les combats de la Libération, et le temps qui passe aussi, ont un peu occulté le traumatisme de ce que fut la « Grande Guerre », elle qui devait être « la der des der ». En zone rurale, pas une famille ne fut épargnée où il y avait un « poilu » disparu à Verdun ou au chemin des dames, où qui n'en soit revenu blessé ou gravement handicapé.
Dans notre département elle fit 20 000 morts, soit sur 476 000 habitants en 1914, près de 4 % de la population, de plus exclusivement dans la tranche d'âge des hommes mûrs, des chefs de familles ou d'exploitations.

     La paix revenue, toutes les communes furent concernées, particulièrement entre 1920 et 1922, par des souscriptions, des constructions de monuments ou d'évocations, nécessitant des efforts financiers souvent considérables car non pris en charge par l'État : autels, vitraux (comme à Poilley), plaques commémoratives (Chavoy).
Inaugurations et commémorations annuelles prirent un faste grandiose, relayées par les associations d'anciens combattants en plein essor, nées de l'évocation et de la poursuite des idées du Bloc national élu en 1919, à partir de la célèbre chambre dite « bleu horizon ».
Ce groupe social nouveau affichant la fière devise « Unis comme au front », prit alors un rôle de premier plan dans les communes, intervenant dans tous les thèmes de la vie politique renaissante, fort de la dette contractée par l'arrière à leur égard, affichant tout à la fois volonté de paix, mais aussi fermeté avec l' Allemagne.
Au plan national, les anciens combattants, forts de leur nombre (les « Gueules cassées » avaient 10 000 adhérents, l'Union des Blessés fondée en 1921 près de 3 millions d'adhérents dont 300 000 mutilés !), pesèrent notamment avec les « croix de feu » également sur la politique nationale, au sein des Ligues s'opposant au Front populaire, mais refusant grâce à leur principal dirigeant le colonel de la Rocque (plus tard déporté par les Allemands) à franchir le Rubicon d'une action factieuse.
Même marqués à Droite, la plupart des cadres importants du mouvement, refusèrent la Collaboration menée pourtant par le plus prestigieux d'entre eux, le maréchal Pétain.
L'Allemand restant pour eux, et pour toujours, « le Boche »...


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