PERSONNALITES DE SAINT-HILAIRE nées de 1874 à 1895
(classées dans un ordre chronologique)


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DELAPORTE Louis (1874-1944)

Delaporte

     Issu d’une famille de commerçants (ses parents géraient un magasin de confection au 6 rue de Mortain à Saint-Hilaire. Louis Delaporte est né le 22 octobre 1874, fit des études de mathématiques puis à partir de 1901 suivit les cours d’assyrien et de syriaque à l’École Pratique des Hautes Études et fréquenta l’École du Louvre et l’Institut Catholique. Il obtint le doctorat de philosophie en 1903, le diplôme de l’ École du Louvre en 1904 et celui de l’École des Hautes Études en 1910. Il publia les catalogues des cylindres orientaux du Musée Guimet (1909), de la Bibliothèque Nationale (1910) et du Louvre (1920-1923). Son intérêt est appelé sur les Hittites et leur langue, par les travaux de B. Hrozny, qui avait, à partir de 1915, résolu le problème des hiéroglyphes. A son enseignement de l’assyrien à l’Institut Catholique de Paris où il fut professeur à partir de 1921, il ajouta celui du hittite. Attaché aux Musées Nationaux, il fonda la Revue Hittite et en 1930, avec l’appui du hgazi Ata-Turk, il entreprendra d’importantes fouilles à Arslan-Tepé-Malatya en Turquie.
     Malheureusement sa vie de savant fut interrompue par la seconde guerre mondiale. Il entra dans la Résistance dès 1941, sa famille ignorant ses activités et son groupe ayant été anéanti, nous savons peu de choses de son rôle dans la Résistance où il entra à l’âge de 67 ans. Il fut arrêté à son domicile parisien le 19 mai 1942, déporté en novembre 1942, il décédera d’une pleurésie et de sous alimentation au camp de Wollau en Haute Silésie le 24 février 1944.
     Ce grand érudit était un homme plein de modestie et ses travaux s’adressaient à des spécialistes, c’est pour cela qu’il est assez peu connu. Il était normal que la ville Saint-Hilaire honora sa mémoire en donnant son nom à une place importante : « la place Louis Delaporte » le 1er octobre 1950.
     La famille Delaporte est originaire de Virey. Dès Henri IV elle se divise en trois grands rameaux, celui de la Restoudière (aîné), celui du bourg, et celui de la Rivière.


ROBLIN Louis (1876-1944)

Roblin

     Le Chanoine Roblin, originaire de Saint-Vast-la-Hougue, fut pendant 20 ans curé de Saint-Hilaire, du 5 mars 1924 au 14 juin 1944 date de sa mort.
     Le Chanoine Roblin a tout donné pour sa paroisse. A son labeur apostolique, il dut joindre le travail matériel, lui qui n’aimait pas les entreprises de ce genre et détestait tendre la main, il dut quêter la somme de deux cent mille francs nécessaire pour couvrir à neuf son église.
     Sa mort au soir du bombardement du 14 juin 1944 lui a épargné une grande blessure au cœur, quelle souffrance ç’eût été pour lui de voir son église en ruines et les quatre cinquièmes de sa paroisse détruite.
     L’après-midi du 14 juin, l’aviation de bombardement se faisant menaçante dans la périphérie de Saint-Hilaire, le chanoine Roblin ne s’inquiéta pas ! il réconforta au contraire ceux qui craignaient, or voici que, vers 20 heures s’annonça le sinistre qui fera du « beau Saint-Hilaire » des tas de décombres. Avec sa famille, son personnel, son sacristain, ses voisins Lebreton, il se réfugia dans une tranchée ouverte près du presbytère, il y entra le dernier, il n’était pas encore à l’abri qu’une bombe tomba sur cette tranchée, pour tous ce fut la mort instantanée.


DORTET de TESSAN François (1883-1943)

     Né à Saint-Hilaire le 16 février 1883, journaliste au journal « Le Matin », rédacteur en chef de « la Dépêche de Toulouse », son père était principal du collège.
     Parlementaire de 1928 à 1942, plusieurs fois sous-secrétaire d’état. Il a laissé une œuvre importante sur l’Extrême Orient et les Etats Unis d’Amérique. Ami du Président Wilson et du Président Hoover, auteur d’ouvrages sur le Far West, le Japon, l’Afrique Noire.
     Parmi ses amis, il y avait A. Briand, Paul Boncour, Viviani, le Maréchal Joffre, Yvon Delbos, etc…
     Ancien Ministre, ancien Président de la commission des Affaires Etrangères à la Chambre, ancien membre de la délégation française à la société des Nations. Arrêté par les Allemands en 1942, il fut déporté à Buckenwald où il décédera en 1943.


GAUTIER Auguste (1887-1949)

Gautier

     Arrivé à Saint-Hilaire au sortir de la guerre 1914-1918, qui lui valut la légion d’honneur sur-le-champ de bataille, il y fonda sa famille, il y exerça la profession de « médecin de campagne ». Le Docteur Gautier fut le dévouement personnifié, ne se préoccupant jamais, ni de sa peine, ni de son temps, ni de l’heure pour venir au secours de ses malades, il fut généreux, ne l’appelait-on pas le « médecin des pauvres » et cela était vrai, non par la faiblesse de sa science qui était vaste et sûre, mais par l’absence totale du souci de l’argent quand il était au service d’un pauvre ou d’un déshérité.
     Il fut Président des Anciens Combattants pendant 24 ans, conseiller municipal de 1925 à 1935.
     Le sénateur Gustave Guérin présentera en 1937 la candidature du Docteur Gautier aux élections législatives sous l’étiquette du P.S.F, il sera battu de 66 voix par le Docteur Malon. Il décédera le 24 mars 1949 à l’âge de 62 ans, et pour perpétuer sa mémoire, le conseil municipal, en avril 1959 décidera qu’une rue, joignant la rue de Paris à la rue de Lapenty porterait désormais le nom de « Docteur Auguste Gautier ».


LEHEC Fernand et Jeanne (1888-1983)

Lehec

     Fils de maréchal ferrant, né à St Mars d’Egrenne il suivra bien vite les traces paternelles en fondant en 1919 sa propre entreprise, rue de la République.
     Son sens du commerce le conduisit à la tête d’un « empire » dans le domaine du machinisme agricole. A des lieues à la ronde sa renommée grandit à force de travail, de ténacité, de discussions interminables pour acheter et vendre.
     Cette réussite d’homme n’allait pas s’arrêter là ; en effet, Fernand Lehec allait tenter de partager son expérience en collaborant pleinement à la fondation en 1948 du Centre d’apprentissage de mécanique agricole. Cette grande et belle initiative allait tenir ses promesses comme le démontre le présent, avec le Lycée Technique d’État Claude Lehec.
     En 1954, il recevra le soutien de son fils Claude qui abandonnera ses études pour poursuivre l’œuvre de son père et l’aider pour le développement de l’Enseignement Agricole. Malheureusement, en 1968, Fernand Lehec perdra son fils Claude, ce mauvais sort de la destinée à l’aube de la vieillesse marquera profondément le « père » Lehec, qui pris par l’âge, lâchera au fil des mois les rênes de son entreprise. Le décès de son épouse le 6 septembre 1974 le marquera à nouveau.
     Il fut fait chevalier de la légion d’honneur le 7 février 1953, Officier dans l’ordre national du Mérite le 7 mai 1976, officier de l’Instruction Publique, Officier du Mérite Agricole. (extrait de la Gazette de la Manche du 14 avril 1983)
     Les activités de son épouse, Jeanne, furent multiples dans la vie de la collectivité Saint-Hilairienne : En 1939, elle devint présidente de la Croix Rouge jusqu’en 1951, une tâche immense l’attendait ; l’exode des réfugiés, l’aide aux familles des mobilisés, les secours de toutes sortes. Mme Lehec avec son comité organisa des collectes afin de confectionner et d’expédier des colis à tous les prisonniers de guerre de Saint-Hilaire et du canton.
     Immédiatement après les bombardements, ce fut l’aide aux sinistrés. Grâce à son initiative, une belle réalisation devait se faire à l’hôpital de Saint-Hilaire : elle obtint de l’Angleterre le matériel nécessaire à la création d’une maternité.
     Mme Lehec fut membre du conseil municipal de 1941 à 1959.
     Un fait assez peu connu prouve combien, en toutes circonstances, elle savait être humaine. Pendant la seconde guerre mondiale, au cours de l’occupation allemande et malgré les risques que cela comportait, avec le concours de quelques concitoyens dont Mme Piel, M et Mme Bodin, elle recueillit des enfants hollandais juifs dont les parents avaient été déportés en Allemagne par les nazis et où ils furent exterminés.


COCHOIS Gustave (1889-1977)

Cochois

     Originaire de Vendée, il se fixa très jeune à Saint-Hilaire, où, après avoir obtenu son brevet supérieur à l’école St-Joseph il devint cheminot comme son père (employé de bureau aux chemins de fer à Vire).
     En 1912, il prendra la direction et la propriété du journal « le Glaneur de la Manche », succédant à Victor Levannier. Ce journal cessera de paraître en juin 1944.
     En 1947, son fils Michel fonda l’hebdomadaire « la Gazette de la Manche » et son petit-fils Jean Luc lui succéda en décembre 1981.


DESLANDES Louis (1895-1972)

Deslandes

     Louis Deslandes est né le 13 juin 1895 à Parigny au village du Pont Neuf, son père Léon était maréchal-ferrant, sa mère, Victorine Lecourtillier était couturière et tenait un café.
     Il fréquenta l’école primaire de Saint-Hilaire (école St-Joseph) et fit ses études secondaires à l’Institut Notre-Dame d’ Avranches. Il entra au séminaire des Missions Etrangères de Paris, le 13 septembre 1921. Ordonné prêtre le 23 décembre 1922, il débarqua en Corée, à Pusan, le 5 juin 1923, au moment où le peuple coréen vivait l’occupation japonaise.
     Il a d’abord passé 26 ans comme prêtre de paroisse, se dévouant corps et âme à l’évangélisation directe, puis pendant 23 ans il mit toutes ses forces dans la fondation d’une congrégation de religieuses coréennes « Les servantes du Sacré-Cœur de Jésus » fondée le 8 septembre 1952.
     Il se retira le 25 mars 1965 à Kal-Pyong où il décédera le 17 novembre 1972 à l’âge de 77 ans.
     Le Père Deslandes reçut du Gouvernement coréen les insignes du Mérite national et du Mérite culturel et fut fait chevalier de la Légion d’Honneur en 1969.

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