Extrait du journal le GLANEUR du 18 janvier 1896

Le Sergent HAGUAIS

     Jacques-Charles Haguais, qui vient de mourir à Malakoff, près de Paris, est né à Saint-Hilaire le 30 mai 1830. Engagé volontaire à 19 ans, au 61ème de ligne, il devient promptement caporal et rend ses galons pour entrer, comme simple fusilier, au 22ème léger qui fait campagne en Algérie. Il assiste à plusieurs combats, est nommé sergent et part avec son régiment pour la Crimée. Là, son entrain et sa vaillance le font aussitôt distinguer. A t’on besoin d’un homme de bonne volonté pour une mission périlleuse ? On va chercher Haguais et Haguais est toujours prêt. Sergent à la compagnie des éclaireurs volontaires, il prend part à toutes les reconnaissances dangereuses, à toutes les attaques et contre-attaques de nuit. Blessé d’un coup de baïonnette, devant les murs de Sébastopol, il est cité deux fois à l’ordre général de l’armée d’Orient pour actions d’éclat, décoré de la médaille militaire en décembre 1854 et fait chevalier de la Légion d’Honneur en février 1856. Jamais croix ne furent plus glorieusement gagnées ! Rentré en France, il passe au 1er régiment des voltigeurs de la garde et bataille encore à Magenta et à Solferino. Libéré en 1863, il est nommé brigadier de caisse à la Compagnie du Gaz à Paris, et il occupait encore cette modeste et honorable fonction lorsque la mort est venue le surprendre.

     Haguais fit partie de la députation d’anciens soldats qui assistèrent, il y a deux ans, à Fougères, à l’inauguration de la statue du général Lariboisière. Il vint à Saint-Hilaire à cette époque et comptait y revenir cette année. La mort en a décidé autrement.
     Ses vieux amis ne l’oublieront pas. Haguais a fait honneur à son pays, à notre ville de Saint-Hilaire, et nous a donné l’exemple du patriotisme et de la vaillance. Puissions-nous, aux jours difficiles, trouver beaucoup de soldats comme lui !

     Nous adressons nos compliments de douloureuse sympathie à sa famille. Haguais lègue à ses enfants un patrimoine d’honneur que bien des gens peuvent leur envier.

     Quant à nous, ses compatriotes, nous avons le droit d’être fiers de lui et c’est en notre nom à tous que je lui dis un dernier adieu.

     Et vous, jeunes gens, qui êtes appelés à venger les désastres de 1870, rappelez-vous le sergent Haguais. C’était un brave.

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