St-Martin-de-Landelle
en descendant la vallée du Lair



     Qu'on se rassure tout de suite, il ne s'agit pas quand même ici de rafting ou de canyoning dans le genre de ce que l'on voit sur les gorges du Verdon ! Malgré tout, même si c'est moins spectaculaire, l'observateur attentif remarquera que ce petit ruisseau qui borde tout le flanc sud-ouest de St-Martin-de-Lles, est aussi la frontière immémoriale avec la Bretagne, serpentant dans de jolies vallées qui ne laisseront pas insensible le géologue amateur.

     De sa source aux Huttes en Louvigné (entre la Morinais et la Sté granitière l'Avenir) à son embouchure dans le lac de Vezins, le ruisseau ne fait que traverser des champs couverts de “ boules ” et autres roches imposantes, à peine entamées par l'érosion qui les a mis à jour peu à peu, depuis le quaternaire. La force des glaces a séparé ces roches qui, pour certaines, ont dévalé dans les vallées ou fini par affleurer, mordues elles aussi par la puissance des ruisseaux sans doute plus impétueux que de nos jours, où elles finirent bloquées, canalisées parfois afin d'utiliser la force hydraulique.

     Pour ce Lair que l'on appelait aussi Sehonce autrefois, c'est particulièrement évident dans la partie inférieure du cours où on dénombrait de nombreux moulins, sans même parler, dans l'entre-deux guerres, la construction des barrages hydroélectriques.

     Bordant au sud St-Brice et St-Martin-de-Lles, le Lair serpente, selon un cours parralèle à son homologue le “ Ruisseau français ” dont le nom est sans équivoque sur le délimité des trois provinces qui se côtoient ici en quelques kilométres : la Normandie aux léopards, la Bretagne aux hermines, le Maine au boisseau. De l'Evenais aux limites de St-Martin où il va plonger dans le lac de Vezins, le ruisseau règne sur une jolie vallée que dominent les bois coiffant plusieurs éminences connues comme le fameux rocher de Monthault. Il s'enrichit de plusieurs affluents prenant leur source sur la Bretagne voisine en Mellé ou St-Georges : le ruisseau Gaudin qui démarre aux carrières de la Beurrière, lequel alimente le Goulfair.

     Le ruisseau de Launay, puis de la Bruyère contourne pour sa part le rocher de Monthault et arrive dans un bel écrin champêtre à “ Cas de Roche ” (on simplifiait autrefois en disant “ tas de roches ” !), juste en face de la Besnardais en St-Martin-de-Lles. Il y a non loin de là une “ Perrière ”, ancien nom de ces carrières de plein vent où quelques anciens savaient pouvoir trouver de la “ roche froide ” solide pour établir les soubassements d'une maison, le foyer de l'âtre.

     Tout à côté se trouve le Bas-Rocher avant de retrouver le ruisseau de la Ramée qui prend son nom du fait des bois où se rejoignent le ruisseau de la Bellerie et celui des Hôtelières, deux hameaux situés sur St-Georges-de-Rlt,. On est là juste en face de St-Martin où il faut encore noter Auberoche (XVII-XVIIIè), autrefois aux de Romilly, ruines d'un manoir du XVII-XVIIIè que l'on peut encore voir aux pieds d'un inattendu bouquet de pins maritimes.

     Le Lair, avant ces apports conséquents a longtemps longé St-Martin-de-Landelles rafraîchissant l'été les villages de la Jumelais, du Champ du Moulin, du Bois-Graslon. Des noms que l'on retrouve dans toutes les vieilles chartes, et bien sûr berceau de la famille du fameux chirurgien Jean Macé, auteur d'une chronique pittoresque des moeurs de la paroisse au XVIIè. A cet endroit, le Lair après avoir fait tourner les moulins d'Hamelin en face (sur le canton de St-James) établis dès 1114, s'est encore gonflé des eaux du ruisseau de la Vallée et nous côtoyons maintenant tout à la fois St-Martin-de-Landelles et St-Laurent-de-Tte, communes maintenant administrativement séparées mais qui, sous l'Ancien régime relevaient de la même autorité.
Juste avant d'entrer dans le lac de Vezins, le Lair est salué par les belles tourelles du manoir du Haut Surlair, autrefois aux de Hauteville, descendants du fameux Tancrède lequel avec ses compagnons normands finit par conquérir la Sicile.

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